Décrocher un poste dans une entreprise est une chose.
S’y
intégrer en est une autre. Et si cette fameuse période
d’essai ressemble à un parcours balisé dans les
grandes entreprises, elle est d’un autre tonneau dans les PME.
Souvent, ces petites structures ne disposent ni des hommes ni des moyens
suffisants pour désigner un parrain susceptible de coacher le
nouveau venu durant les premiers temps. Les embauches étant
rarement groupées, elles envisagent encore moins l’organisation
de séminaires d’intégration. Tout au plus, un responsable
viendra-t-il accueillir le bizuth, pour effectuer avec lui un rapide
tour du propriétaire, manière de découvrir à la
va-vite les locaux et quelques collègues.
Après, dans
la plupart des cas, l’embauché sera livré à lui-même.
Et s’il dispose d’un bureau pour lui tout seul, il doit
se préparer à affronter de grands moments de solitude.
A moins que, lassé d’attendre que le téléphone
sonne ou qu’un quidam se décide à frapper à sa
porte, il prenne le taureau par les cornes. Car il n’est pas
question de laisser filer la période d’essai sans se faire
remarquer. Au risque de laisser filer le poste lui-même. Il s’agit
de s’imprégner de l’entreprise, de son organisation,
de ses process industriels et commerciaux comme de ses codes vestimentaires
ou même de ses horaires. Car entre le temps de travail spécifié dans
le contrat - ou dans le règlement intérieur - et
la réalité, il y a souvent un fossé. Alors, si
personne ne transmet le savoir des anciens aux nouvelles recrues, ces
dernières devront investiguer. Mais en douceur. Il s’agit
d’observer les us et coutumes de ses collègues et de s’y
adapter.
S’habiller comme les autres et arriver en même temps qu’eux
au bureau est une chose. Mais le nouveau cadre a été recruté pour
un job spécifique et des qualités particulières.
Il va falloir les mettre en valeur. Et travailler le plus rapidement
possible avec ses interlocuteurs privilégiés : son supérieur
hiérarchique et ses collaborateurs.
- Le premier doit absolument
guider le nouvel arrivant, même s’il ne se sent pas l’âme
d’un coach. Il convient de manœuvrer habilement pour l’y
amener sans le contraindre. Il faut lui poser des questions sur ses
propres méthodes de travail, ses objectifs pour votre poste,
et lui proposer des rendez-vous réguliers pour faire le point
sur le niveau d’intégration atteint, chaque semaine par
exemple. Ces bilans d’étape permettent de corriger le
tir en cas de petites bourdes.
- Restent les collaborateurs. Attention,
car s’il s’agit d’être prudent avec son chef,
il faut redoubler de prudences avec ses subordonnés. Et
la première impression est souvent déterminante. Il faut évidemment
se présenter à eux, mais il est préférable
de les rencontrer en tête à tête, histoire de mieux
les cerner. La prudence est encore de mise au moment de prendre les
premières décisions. Il s’agit de ne pas chambouler
immédiatement l’organisation d’un groupe. Il faut
observer avant d’agir sans pour autant reculer indéfiniment
le moment de la prise des premières décisions. Cette
petite lâcheté serait très vite assimilée à une
grosse faiblesse. Ce qu’elle est effectivement.
Restent que toutes ces ruses de sioux pour s’intégrer
dans une PME peuvent se résoudre beaucoup plus simplement.
Et ce grâce à une seule et unique personne : le prédécesseur
du cadre nouvellement enrôlé. A condition qu’il
soit toujours dans l’entreprise, qu’il ait envie de partager
son savoir et qu’il soit aujourd’hui à un poste
plus élevé, signe qu’il aura réussi dans
son précédent job.