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2003

UN MILLESIME HORS CATEGORIE

Des chaleurs exceptionnelles
2003 aura été d’abord une année très chaude. Les viticulteurs les plus anciens ne se souviennent pas d’une année comparable, ce que confirment les météorologues. Au cours du cycle végétatif de la vigne, du 1er avril au 30 septembre, la température moyenne a été supérieure de 2,5°C aux normales. Pendant de longues périodes (deuxième quinzaine d’avril, tout le mois de juin, du 10 au 25 juillet, première quinzaine d’août), on a dépassé ces températures normales de 4 à 10°C.
Ces températures ont été favorables à la qualité. Sur le plan quantitatif, dans les parcelles les plus jeunes, des feuilles et des raisins ont été grillés, occasionnant ponctuellement des pertes non négligeables.
2003 n’aura pas été une année de sécheresse excessive : les réserves en eau des sols et quelques pluies survenues dans des appellations au bon moment (du 30 juin au 4 juillet et le 17 août) ont suffi à la juste alimentation en eau des vignes, équilibrée pour l’évolution qualitative des raisins.
La maturation des raisins est arrivée avec près de 3 semaines d’avance.

Des conditions idéales pour la maturation
A partir des derniers jours d’août s’est installé le climat que l’on rencontre habituellement fin septembre : nuits fraîches, rosées matinales, après-midi doux. Les phénomènes de la maturation ont été ralentis, retrouvant une vitesse normale, ce qui fut excellent pour la qualité.
Les teneurs en sucres n’ont cessé d’augmenter jusqu’à la fin des vendanges pour finir avec des concentrations parfois très élevées et rarement atteintes dans nos vignobles. L’acidité, qui était basse dès le début, s’est stabilisée à des niveaux inférieurs à ceux de ces dernières années, sans pour autant compromettre l’équilibre des vins.
Ces conditions ont été bénéfiques, à la fois, pour le développement des arômes des blancs et pour la formation de la couleur et des bons tanins dans les rouges.

Encore le soleil pour les vendanges
Commencées le 19 août à Reuilly, les vendanges se sont déroulées, pour leur plus grande partie, au cours des trois premières semaines de septembre : Quincy dès les premiers jours de septembre, puis les Coteaux du Giennois et Châteaumeillant, enfin Sancerre et Menetou-Salon où les dernières grappes ont été coupées le 25 septembre.
Le ciel a été très ensoleillé. De belle couleur – sauvignons dorés, cépages rouges très foncés – les raisins présentaient un état sanitaire parfait.

Les vins : premières impressions
Marqués par le soleil, les 2003 pourront parfois désorienter. Les vins issus des plus fortes maturités ne seront pas sans rappeler le style d’années mémorables telles que 1959 ou 1947.
Les blancs exhalent de beaux arômes qui s’expriment avec réserve, mais qui affirment une grande délicatesse et devraient bien se tenir dans le temps. La bouche est souple, en opposition avec la vivacité des derniers millésimes. Les cuvées récoltées à maturité extrême sont riches, pleines en bouche et manifestent beaucoup de gras, la force en alcool compensant les basses acidités.
Les rouges montrent de superbes robes, aux couleurs rubis violettes profondes. Ils sont corsés, leurs tanins sont charnus et serrés, certains laissant déjà percer une pointe de fondu. Les arômes sont sur les fruits bien mûrs, parfois mêlés de fruits cuits et d’épices.
Les vins du millésime 2003 seront faciles à apprécier rapidement. Cependant, en blanc comme en rouge, bon nombre de cuvées parmi les plus réussies devraient avoir un potentiel de garde exceptionnel.



2002
EN CENTRE-LOIRE : PUISSANCE ET FINESSE

Un cycle végétatif plutôt précoce
Avec une date moyenne de débourrement le 5 avril pour le sauvignon, la vigne a 10 jours d'avance sur la moyenne de la dernière décade.
La floraison a été extrêmement rapide et s'est effectuée principalement lors du week-end caniculaire du 15-16 juin. Les températures trop élevées ont entraîné une baisse de fertilité du pollen et, par conséquent, une fécondation plus difficile. La conséquence a été une coulure et un millerandage accentués. Le potentiel de récolte en a été affecté et, à ce jour, les volumes de production s’annoncent dans la moyenne (avec des variations parfois importantes suivant les parcelles).
Les fortes chaleurs de la semaine du 15 août ont entraîné une véraison assez homogène et rapide. La date moyenne de mi-véraison est le 20 août.

Des parasites peu virulents
En début de saison, les parasites se font discrets. Les modèles informatiques des maladies ont été de la plus grande utilité pour ajuster les stratégies aux risques réels, dans le cadre d’une protection raisonnée.
En particulier, les conditions météorologiques étant défavorables, le mildiou ne s'est exprimé que tardivement. Le déclenchement des interventions contre ce parasite a pu être retardé jusqu’à la deuxième quinzaine de mai. Ceci a permis aux viticulteurs de supprimer deux traitements.
En revanche, l’oïdium est apparu le plus menaçant en juin. Ainsi, la protection a pu être stoppée dès la mi-juillet, soit un mois avant le terme habituel.
Le black-rot, après plusieurs années de quasi absence, est réapparu ponctuellement sur certains secteurs.
Les vers de la grappe, caractérisés par des vols de papillons prolongés en première génération, ont pu provoquer localement des réductions de récolte non négligeables. Les acariens, peu présents, ont été maîtrisés sans difficultés notables.

Quelques accidents
Les gelées de printemps, pratiquement inexistantes, n’ont pas provoqué de dégâts. Il est à signaler que beaucoup de zones réputées sensibles, sur Quincy surtout, sont maintenant protégées contre cet aléa climatique.
Des jaunissements se sont exprimés de façon particulièrement intenses cette année, au moment de la floraison, sur les terroirs les plus calcaires. La forte pluviosité de 2001, qui a entraîné une plus grande solubilisation du calcaire en profondeur, en est la principale cause.
Des orages, avec quelques grêlons, s’abattent le 27 mai en marge de Sancerre et de Menetou-Salon. Un second orage de grêle est tombé à l’ouest du Sancerrois, le 29 juillet. Dans l'ensemble, de faibles surfaces ont été affectées et l’incidence sur le volume global de récolte sera négligeable.

Les vendanges
Les vendanges se sont étalées sur un mois, du 16 septembre au 15 octobre, sous un climat sec et doux.
Le temps sec de septembre avec des nuits froides et de belles journées, les rendements raisonnables ont permis de conserver un état sanitaire parfait aussi bien en blanc qu’en rouge.
Le ban des vendanges s’est étalé du 16 septembre à Reuilly au 25 septembre à Menetou-Salon (Reuilly : 16 septembre, Châteaumeillant : 19 septembre, Quincy : 20 septembre, Sancerre : 23 septembre, Coteaux du Giennois : 23 septembre, Menetou-Salon : 25 septembre)
La majeure partie des raisins a été récoltée entre le 25 septembre et le 5 octobre. Cependant, utilisant la connaissance de plus en plus approfondie de la composition des raisins, beaucoup de viticulteurs ont vendangé en plusieurs étapes, de façon à récolter chaque parcelle au plus près de son optimum de maturité (à noter le doublement des analyses des baies réalisés par SICAVAC, le laboratoire interprofessionnel de Sancerre).
L’état sanitaire était bon. Charnues, les baies laissaient écouler leur jus plus lentement que d’habitude, si bien que les moûts extraits n’étaient chargés que de particules légères et donc d’une bonne pureté.

Les vins
Issus de raisins aux concentrations en sucres élevées et aux acidités totales soutenues, les vins du millésime 2002 présentent une forte structure.

Les vins blancs
Déjà au pressoir, les moûts emplissaient bien la bouche et, après quelques heures, dégageaient des odeurs agréables évoquant notamment la pêche, la menthe poivrée.
Les vins blancs allient puissance, fermeté et finesse. L’expression aromatique est élégante et complexe. Elle laisse présager un développement des plus favorables. Riches en bouche, il faudra savoir les attendre 8 à 12 mois pour commencer à les apprécier dans leur plénitude.

Les vins rouges
La couleur est soutenue, avec une nuance violette souvent prononcée. Les tanins sont denses et équilibrés. Le nez, quoique encore fermé dans cette phase juvénile, exprime des notes particulièrement fruitées. Selon les cuvées, le potentiel de garde est bon à excellent.